Chemin de traverse

2019

dimensions variables

Texte, écran, table, photos, vidéo (3:25 min).

 

Parallèlement à la pièce Refuge d’enfants, la réalisation d’une vidéo s’est mise en place afin de retracer, cette fois-ci, le paysage. D’après un poème écrit antérieurement, l’idée d’appréhender un paysage connu depuis l’enfance m’est venue à l’esprit. Toujours en lien avec cette construction de cabane, l’objectif est de se remémorer un chemin secret imaginé, pour accéder à ce refuge d’enfants, au milieu des bois. Un changement de regard s’opère dans ce travail en faisant l’expérience d’arpenter le paysage avec une vision, non plus d’enfant mais d’adulte. Une expérience qui permet de redécouvrir les différents territoires traversés. 

Cette vidéo permet de poser le temps dans chaque territoire arpenté avec pour seul rythme le son de bruitages qui viennent retranscrire un mouvement, celui de la marche. Le poème, lui, décrit le parcours plus en détail avec les différentes directions à prendre. Un guide pour le spectateur qui fait lien avec la vidéo qui n’est faite que de plans fixes.

 

« Les lieux ordinaires que nous parcourons pendant nos jeunes années deviennent, avec le recul, les hauts lieux de notre enfance ayant pris valeur symbolique et initiatique1 ». 

Cette phrase de Martin De la Soudière, dans le livre Arpenter le paysage, explique très bien les enjeux de ce projet retranscrivant la mémoire d’un paysage, d’un lieu ordinaire connu depuis l’enfance et qui a construit différents univers selon les générations qui l’on parcouru. 

 

Par ailleurs un travail de construction d’un écran pour y projeter cette vidéo a été fabriqué avec des matériaux de récupération faisant partie d’un des lieux traversés ainsi qu’une petite table en bois qui a été réparée, servant de socle pour le poème. De fait un lien s’opère entre tous les éléments ( vidéo, socle, matériau, son) pour énoncer ce chemin de traverse et cette mémoire du lieu.

1.DE LA SOUDIÈRE Martin, Arpenter le paysage, Poètes, géographes et montagnards, Paris,  Anamosa, 2019.